Accueil du site / Archives / Archives Théâtre / "Gadji" 09-01-2009

« Gadji », Spectacle présenté à la salle Cœur de Scène à Rouans le vendredi 9 janvier 2009 par le Théâtre d’Ici ou d’Ailleurs.
Ce spectacle a été également présenté le jeudi 8 janvier devant les élèves des collèges de Bouaye, La Montagne et Le Pellerin dans le cadre du "projet Sud-Loire" en collaboration avec le Conseil Général. Il a été également présenté devant les élèves du collège du Sacré Cœur de Sainte Pazanne avec un partenariat de l’AIALJ.
D’après « Grâce et dénuement » d’Alice Ferney et un extrait de « César et Drana » d’Isabelle Doré Adaptation : Claudine Merceron , Élodie Retière, Martine Ritz Avec : Cédric Cartier, Laurent Delattre, Rémy Lelong, Claudine Merceron, Élodie Retière, Martine Ritz, Patrick Verlack, Chorégraphe : Hervé Maigret Costumes : Martine Ritz assistée de Caroline Audrain Décors :Jean-Marc et Thierry Pinault Lumières : Jérôme Bouffandeau Mise en scène et direction d’acteurs : Claudine Merceron

Esther, bibliothécaire est saisie d’un désir presque fou : celui d’initier à la lecture des enfants gitans privés de scolarité. Elle se heurte d’abord à la méfiance, à la raillerie et au mépris qu’inspirent les gadje. Mais elle finit par amadouer les enfants en même temps qu’elle entrevoit le destin d’une famille sur laquelle règne une veuve, mère de quatre fils…. Dans un camp en banlieue, serré entre les terrains vagues, les logements sociaux et la décharge, une famille de gitans s’est sédentarisée. Il y a Angéline, la doyenne, ses fils, ses belles-filles et ses petits-enfants. Ils vivent de presque rien, sans papiers, sans travail, sans eau courante, sans essence, à l’écart d’une société qui menace en dépit des lois de les expulser. Un jour, ils voient débarquer Esther, une gadjé, bibliothécaire, qui veut « lire des livres à ces enfants qui n’en ont pas »… Sans enjoliver une réalité tour à tour violente, drôle, cruelle, vivante, attendrissante ou révoltante, ce spectacle joué, chanté et dansé présente la rencontre de deux mondes, voisins et pourtant si lointains. Gadgi ! est d’une humanité profonde, de celles qui nous démontrent que la vie n’est ni blanche, ni noire… et pas rose non plus, et que la chaleur, la poésie et la sensibilité se dénichent partout quand on sait tendre la main.

" Les gitans ne sont pas gens bavards. Rejetés de tous, repliés sur eux-mêmes en petites communautés autonomes, ils vivent depuis toujours en marge de la société, en marge des villes, souvent en marge de la loi. Aussi l’intrusion d’Esther dans le clan de la vieille Angéline ne se fait-il pas sans méfiance. Esther est bibliothécaire et vient, chaque mercredi, faire la lecture aux enfants des cinq fils d’Angéline. Si les petits sont tout de suite conquis par cette "gadji" pas comme les autres qui leur raconte les histoires merveilleuses qu’elle lit dans "de vrais livres", les adultes ne montrent pas le même enthousiasme pour cette étrangère qui entre dans leur vie. Avec Grâce et dénuement, Alice Ferney a obtenu le prix Culture et Bibliothèques pour Tous. Prix emblématique s’il en est, tant la lecture, la scolarisation et en définitive la culture, pour tous justement, sont au centre de ce très beau roman au style classique et élégant. " Joël Fompérie Mise en scène et direction d’acteurs. Claudine Merceron : " Suite à l’émotion suscitée par ce roman, est donc née l’envie d’en faire un spectacle. Sans aucune complaisance envers ses personnages, Alice Ferney a su pointer du doigt des vérités quotidiennes : la difficulté à s’intégrer, les réactions face au sentiment de rejet, la violence, le machisme, la maternité… Au fur et à mesure de la lecture, j’entendais les personnages, je les voyais et des scènes m’apparaissaient. Je parvenais même à sentir l’odeur du feu, de la terre, du vent glacé, du sein maternel. Si le roman était capable de produire autant d’émotion et de sensations, pourquoi pas le théâtre ? Il s’agit avant tout d’un roman de femmes écrit par une femme, qui traite de l’honneur des hommes. Les enfants sont là aussi, très présents, moteurs d’une énergie positive. Leur envie de vivre passe par leur curiosité, leur manière de se défendre, leur force à affronter les difficultés. Ils ont encore des rêves et Esther est là pour les faire grandir. Les enfants permettent de créer un pont entre leur culture et celle des " gadje ", il m’est donc paru nécessaire de marquer leur présence de façon concrète. D’où le parti pris de faire jouer les enfants par les adultes. Insistons sur le caractère non moraliste que l’on retrouve et dans le roman et dans la pièce. Les enfants ont beau intervenir de façon positive, il n’en demeure pas moins qu’ils savent être cruels entre eux. Angéline est tout aussi contradictoire, tendre et compréhensive envers ses fils, elle est capable de se comporter injustement envers ses belles filles. Quant aux hommes, derrière leur dureté apparente se lit toute la fragilité qu’ils cachent sans cesse pour se protéger. De la même façon, Esther reste un personnage ambivalent. Elle a beau se battre pour que les enfants apprennent à lire et à écrire et ainsi à s’intégrer aux autres enfants, à aucun moment elle ne leur présente sa famille qu’elle tient à l’écart de ses activités. Son implication auprès des tsiganes vient semble-t-il de ses origines juives. Le roman témoigne d’une solidarité entre deux communautés opprimées. A travers des extraits d’une pièce d’Isabelle Doré, César et Drana , qui raconte la vie d’une femme tsigane fuyant les nazis avec son cheval, on rappelle la réalité des camps, dans un court prologue du spectacle. "